PARIS PATRIMOINE 3

Paris est une ville haussmannienne entend-on répéter partout. Mais est-ce vrai ? Ne s’est-il donc rien passer entre le grand plan d’Henri IV et Napoléon III ? À la Révolution, la ville est toujours circonscrite dans ce qui est l’ancienne enceinte, remplacée par Louis XIV par de grands boulevards plantés, mais le mur des Fermiers Généraux a déjà matérialisé une seconde limite. La première moitié du 19ème siècle va investir cet espace intermédiaire et commencer à le dépasser.
Comme Henri IV, Napoléon 1er avait un grand dessin pour la capitale. Il se basait sur deux réalisations majeures, à savoir un grand axe est-ouest, matérialisé par la rue de Rivoli, uniforme sur toute sa longueur de la Concorde à la Bastille et l’alimentation de la ville en eau potable grâce au canal de l’Ourcq. Mais son plan ne s’arrêtait pas là, il prévoyait le percement d’autres artères majeures pour aérer la capitale. Passant plus de temps en campagne qu’à Paris, il ne put mener à bien son grand projet.
Durant la période de l’entre-deux-Empires, les souverains et les préfets qui se succèdent ne reprennent pas le plan napoléonien et ne tranchent pas dans le tissu existant, sauf pour les nombreux passages couverts, ils assurent, en revanche, la continuité urbaine en ouvrant partout de nouveaux quartiers. Nouvelle Athènes, Nouvelle France, Petite Pologne, Europe, Victor Hugo, Beaugrenelle sont autant de quartiers remplaçant des grandes propriétés ou simplement des terrains vides. Quelques grandes voies pénétrantes viennent également compléter les tracés ancestraux. De même, ils commencent à assurer la distribution d’eau potable et généralisent un éclairage correct des rues.
Enfin, la période de la restauration s’achève avec la construction des « fortifs ». D’une longueur de 34 kilomètres, le mur, décidé en 1840, délimite la frontière de ce qui deviendra le grand Paris vingt ans plus tard.
Remi Koltirine
